Le piston prêt à chauffer entre les foies et le cœur pour faire des grands trous dans le ciel

Pas facile de raconter Laurence. 

Vous me trouvez bien embêté.

Vous tirez un fil et elle le coupe d’un rire. 

Vous posez un cadre, vos calculs sont caduques avant même d’être posés. 

Et puis les mots faut pas trop déconner avec… On a tendance à aimer les romans par ici mais un genre qui dit le vrai par le vraisemblable, ça ne colle pas pour quelqu’un qui est vraie et invraisemblable. 

La poésie, oui, toujours, parce qu’elle parle aux ventres et peut toucher la beauté, mais je n’ai pas le talent et je veux encore croire à la mélancolie. 

Une chanson de geste alors ?

Un grand conte merveilleux, à mille voix, ça pourrait marcher.

Peut-être que je m’accroche à cette branche oubliée de l’art de raconter parce qu’au tout début où j’ai rencontré Laurence, c’était pour moi un personnage de conte, un chevalier au volant venant délivrer sa fille du dragon qui l’avait enlevée. Je ne vais pas m’étendre sur cette aventure mais elle ferait un beau tableau. Et puis merde, au diable les cadres, de toute façon ils explosent sous la puissance du Truc et je peux vous dire que le Truc, je l’ai senti, même un étage au dessus.

Le Truc, c’est pas de chance pour vous si ne savez pas ce que c’est parce que ça ne se décrit pas avec des mots. 

Pour vous donner une idée, ce serait un peu comme une boule de feu. Une boule d’amour sincère sans plus une trace d’égoïsme. 

C’est puissant comme un soleil, ça brûle aussi, et c’est fragile aussi.

Le Truc. Tu l’as ou tu l’as pas. C’est rouge en tout cas et c’est beau.

C’est une liste de courses du quotidien avec :

– des rires
– de la musique
– des strass
– des toilettes discos
– t’écrire un mot d’amour
– te dire « je t’adore »
– me cacher dans le placard
– trois petits oiseaux sur le seuil qui chantent à l’aube
– une boîte de Ness
– …

Mais s’ il y a des ingrédients, pour le Truc, il n’y a pas de recette. 

Il faut en passer par une suite de batailles épiques contre la grisaille dans lesquelles il faut se jeter en entier. 

On y laisse des plumes parfois. 

Et parfois on y arrive. Tout le Truc qu’on brûle, on arrive à le donner, intact, avec toute sa force à celui ou celle qu’on aime sincèrement.

Et si tu me permets, Laurence, je voudrais saluer l’exploit.

Je vois tout ton petit monde : ton gars, tes enfants, tes petits enfants, les autres aussi bien sûr, présents, passés, futurs.

Chacun à sa façon, le piston prêt à chauffer entre les foies et le cœur pour faire des grands trous dans le ciel.

Je t’embrasse,

et je suis certain qu’on chantera encore longtemps ta chanson comme tu chantais celle des gens que tu aimes.

Vincent